À Paris, à vélo, on dépasse les autos…

J'écoute : avec mes pieds
Je regarde : avec mes oreilles
Je lis : des livres
Je joue : de plusieurs instruments
Je mange : tous les jours
Je bois : de l'eau
Je cite : St Simon et Thucydide
Je pense : sans arrèt
Je rêve : chaque nuit
(mis à jour vendredi 18 mai 2007 à 04:02)

07/06/2007

07/06/07 - 01:59

Darfour la suite

Petit survol de l'article du Diplo plus perceptions perso…

En fait, le gouvernement Soudanais essaye de redessiner les zones qu'il contrôle, en particulier vers le Sud et sur les zones frontalières. Le but inavoué est un meilleur contrôle des champs pétroliers, et donc par là même, oblitérer la rébellion du Sud. Rébellion qui ne croit plus aux bonnes intentions de Khartoum et l'a déjà fait savoir. Une partie des champs pétroliers potentiels sont au sud Darfour, lesquels sont quasiment tous attribués aux Chinois… Un des problèmes actuels c'est que la théorie des dominos de Khartoum a tellement bien marché que l'on est confronté au Darfour à une somalisation avec des chefs de guerre qui ne contrôlent plus rien sauf leur quelques troupes de pillards en lieu et place de milices plus ou moins contrôlées par l'armée. On a donc du Machiavel d'opérette qui a pondu un beau désastre humanitaire (dont il se fiche éperdument, les insurrections et débordements, ils pratiquent depuis 1956…) mais surtout empêche leurs amis Chinois de pomper du pétrole dans la joie. Mais comme ils ne veulent pas trop que ça se voit et payer la facture, ils bloquent.

Inutile de dire que la confiance de la communauté internationale envers Khartoum si elle a jamais existé tend actuellement vers zéro, les ravalements de façade pour faire présentable n'ont jamais convaincu et de toute façon, la politique de terreur repointe le bout de son nez. La mise à l'écart du mentor islamiste du régime ne convainc personne.

Il faut s'attendre sauf miracle à une reprise des hostilités dans le sud chrétien/animiste et donc le retour de la guerre de religion, et pour le Darfour à une intervention internationale par la force sous une forme ou sous une autre. Seule une intervention chinoise forte pour faire entendre raison au gouvernement du Soudan pourrait suffisamment calmer le jeu et limiter les dégâts, mais seule une intervention internationale sera suffisamment importante pour en finir avec la somalisation. Les Soudanais ne veulent à aucun prix la venue des occidentaux en général (crimes de guerres/contre l'humanité en suspend, une partie du gouvernement impliquée et le TPI est saisissable) et des américains encore moins. Ces derniers n'attendent que ça même si ils ont des problèmes de gestion des effectifs, mais la possibilité de mettre le pied au Soudan ça ne se refuse pas. Les forces africaines seules n'ont pas la puissance nécessaire ni un mandat suffisant pour faire qui que ce soit.

Perso je crois que c'est mal barré pour le Soudan. Au Darfour cela peut difficilement être pire, sauf un génocide raisonné, ce qui n'aurait pas grand sens ethniquement et religieusement, et à part l'armée soudanaise, rien n'est assez organisé pour. Il y a un réel risque d'extension de conflit avec les guérillas au Tchad et en Centrafrique. Si au Tchad, la Françafrique peut montrer son unique utilité, ce qui se passera au Soudan et en Centrafrique est beaucoup moins évident.

Ça sent le sapin (en plein désert)

Autant il faut intervenir d'une manière ou d'une autre, autant vu les extensions régionales et économique du conflit, soit tensions possibles sur le baril même si le Soudan est actuellement anecdotique, le destinataire de ce pétrole crée déjà des tensions sur le marché par sa seule existence comme pour d'autres matières premières, et la mauvaise volonté chinoise, des Chinois qui voudraient continuer encore un peu leur politique d'infiltration du continent sans que ça se voit trop - raté … C'est une crise régionale potentiellement majeure qui en vertu de la politique du pire peut mener à un conflit généralisé du Tchad/Soudan/Centrafrique au Kenya/Somalie/Éthiopie, il suffit de regarder une carte si les petits conflits s'enveniment et que la Somalie continue dans le chaos. Ne cherchez pas plus loin la volonté soudaine des USA via l'Éthiopie d'en finir avec la gabegie somalienne, ça simplifie la donne.

Ça sent le sapin disais-je.

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