Suite à une des conversations de Melle Huguette
Huguette, tu as sabré un passage de ma réponse privée, justement un d'important. Bon, je reprendrai le texte et je préciserai les choses (sur ma to-do list, pas avant quelques jours), j'avais été très vite dans la conversation.
Les échelles de risque ne sont valable que dans une gestion globale de sa prévention et ce n'est pas parce qu'une pratique peut paraître possible qu'il faut aller au plus facile et au moins sûr. C'est juste un moyen d'adapter ses pratiques de manière cohérente : si l'on ne peut pas dans un cadre "tradipréventionaliste" assumer la capote intégrale, comment choisir ce qui sera le moins à risque ? Comment faire des choix en conscience ?
Ce qu'il y a de bien, c'est que même les ex-présidentes d'assoce dans une revue intellogauchiste post95, mais aussi l'InVS et l'ANRS sont en train de bouger sur tout ça, on aura mis 3 ans (et plus) à faire bouger la prévention en France pour sortir de l'âge de pierre et de l'échec. Parce que les 3% qui sucent avec capote ou les 40% avec la capote obligatoire en sodo, je n'appelle plus ça une réussite, alors on fait quoi pour les autres ? Tout le problème est là. Ceux qui se contaminent le plus sont justement les pédés qui ont été le plus le nez dans l'épidémie (entre 25 et 55 ans), pourquoi ?
La peur ne marche plus et n'a certainement jamais marché, alors si on expliquait les choses comme à des adultes responsables pour changer ?
Se protéger soi et les autres c'est bien, ceux qui décident de ne pas le faire volontairement ou sur un coup de tête ne sont pas à stigmatiser mais à informer, parce qu'une meilleure pratique de santé (pas seulement le VIH, l'hépatite tue plus que le VIH en France hein… et la clope aussi) permet de meilleurs choix, pas seulement sur le VIH, donc moins de contaminations, d'IST, de risques liés à de mauvais pratiques ou habitudes etc. Un pédé en meilleure santé globale, mieux informé qu'il n'est sera mieux à même de faire de meilleurs choix de santé encore pour lui même et ses partenaires. Il sera donc moins contaminable/contaminant.
On ne souligne jamais assez à quel point les séropos font dans leur ultra-majorité très attention à ne pas transmettre le virus. Plus de 2 fois sur 3, c'est un contaminé récent qui en général ne sait pas qu'il est séroconverti qui dissémine le virus.
Le safer sexe c'est bien, mais la réduction des risques est une condition nécessaire à l'acceptation de la réalité de terrain et à la diminution des risques généraux comme à la baisse de l'incidence dans un contexte de hausse de la prévalence et des pratiques à risque. (désolé, j'ai la flemme d'expliquer, na !) Préférer un mode de prévention monomaniaque qui maximalise les risques de contamination pour les non-conformes au modèle général et dominant, c'est vouloir SCIEMMENT que l'épidémie croisse et embellisse. On obtient l'effet inverse de l'escompté et ça dure depuis au moins 10 ans, si on arrêtait la casse ?
(pour les tradipréventionalistes : pas de hurlements SVP, personne n'est sourd dans le cyberespace, merci)